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22.06.2008
Danger à l'école par Noelle Toulouse
Une régression sans précédent se prépare pour l'école primaire. Des nouveaux programmes imposés sans aucune concertation ; les suppressions de postes et leurs conséquences sur les effectifs, sur les réseaux d'aides, le remplacement et la formation continue ; la volonté affichée de supprimer la carte scolaire et de mettre en concurrence les écoles par la publication des résultats des élèves aux évaluations et par la mise en place à terme d'établissements autonomes; la suppression annoncée de l'année de formation professionnelle initiale pour les maîtres préparent une véritable mise en pièces de l'école publique... sont autant de mesures qui y concourent.
Dans le même temps et suite aux demandes de l'administration, les conseils des maîtres et les conseils d'école sont appelés à se prononcer sur l'organisation de la semaine scolaire pour l'année prochaine.
Qui peut croire dans un tel contexte que la suppression de deux heures d'enseignement par semaine et la prise en charge de la difficulté scolaire hors temps de classe aient pour objectif « l'aide aux élèves rencontrant des difficultés » ?
De manière très claire, ce qui est en jeu c'est le « moins d'école pour tous », c'est la mise en place d'une politique qui refuse d'œuvrer à la réussite de tous les élèves et qui renforce le tri social. Mais c'est également à court terme un éclatement du Service Public d'Éducation tel que nous le connaissons.
Tous les élèves en feront les frais. Mais certains d'entre eux en paieront le prix fort. Les plus fragiles, les enfants des familles populaires, ceux qui ont le plus besoin d'école seront soumis à des conditions de scolarisation rendant toujours plus possible le décrochage, la perte des espérances de réussite et l'abandon.
Les personnels en pâtiront également. Moins formés sur le plan professionnel alors qu'il faut faire face à des situations à des situations de plus en plus complexes, des exigences de plus en plus fortes, mis en concurrence entre eux, moins protégés dans leur statut, quel avenir les attend ?
NOELLE TOULOUSE
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