20.10.2008
L'école en danger par Noelle Toulouse
Manifestation du 19 octobre : Un succès qui appelle des suites
Assez du jeu de dupes à l'Education nationale !
Hier, les professeurs des écoles étaient massivement dans la rue (80 000, 100 000 selon certains médias) ! C'est l'expression d'un mécontentement sans précédent. Le SNUipp demande solennellement au ministre de l'Education Nationale de prendre la mesure de ce mécontentement et du trouble que provoque sa politique dans les écoles et d'ouvrir au plus vite de véritables négociations. Dans le cas contraire, le SNUipp proposera à ses partenaires de donner une ampleur inédite aux suites de l'action, notamment en appelant à une journée de grève unitaire dans l'Education Nationale en novembre.
En effet, les enseignants des écoles ne se sont jamais sentis autant méprisés par leur ministre. Ils n'ont jamais connu autant de simulacres de discussion. Ce sont les fondements de l'école publique qui sont remis en cause. La limite de l'acceptable est largement dépassée. C'est le métier et l'engagement quotidien des enseignants au service des élèves qui sont décriés et dévalorisés.
Ainsi quand le lundi Xavier Darcos annonce l'ouverture de discussions sur la « sédentarisation » des enseignants de RASED, le vendredi les inspections académiques annoncent que d'ici trois ans le dispositif des Rased aura été supprimé et que les maîtres E et G seront réaffectés dans des classes.
Une proposition de loi sur les EPEP sera déposée en janvier par 3 députés : le ministre la devance et, sans aucune concertation, réserve 500 postes administratifs pour un dispositif dont les projets succLessifs ont rencontré l'opposition des municipalités et des enseignants parce qu'il bouleverse l'équilibre construit au cours des années entre les municipalités et l'école.
Pour la première fois, un ministre de l'Education Nationale annonce 6000 suppressions de postes alors que l'école primaire accueillera 20 000 élèves supplémentaires à la rentrée prochaine !
Avec les attaques sur la maternelle, c'est la dignité professionnelle des enseignants qui est remise en cause et des milliers d'élèves qui ne peuvent être inscrits.
Peut-on laisser un ministre et un groupe restreint d'hommes de cabinet prétendre un jour supprimer l'enseignement de la déclaration des droits de l'homme des programmes, imposer l'apprentissage du passé antérieur, réglementer les nominations des enseignants des écoles dans tous les départements ou encore annoncer la publication des résultats école par école ?
Quels parents croiront qu'avec moins d'heures de classe chaque semaine, des programmes plus lourds, moins d'enseignants, des dispositifs pour les élèves en difficulté supprimés, les élèves pourraient mieux réussir à l'école ?
Paris, le 19 octobre 2008
Nous étions 430 collègues et parents dans le TGV unitaire affrété par la FSU 31, d'autres sont montés en train de nuit, bus, voitures. Plusieurs centaines de personnes au total qui ont formé un cortège Midi-Pyrénées coloré, dynamique et revendicatif dans la manifestation à Paris!
Appel à souscription, on continue : continuez à verser et à faire verser autour de vous. Adressez vos chèques au SNUipp ou faites les remonter par les militants que vous connaissez.
La manif et les commentaires en images :
Le JT de TF1 qui bien sûr ouvre son plateau à Darcos pour rétablir la vérité officielle…
RASED : Xavier Darcos, le ministre à la langue fourchue !
Selon des informations émanant de plusieurs départements, les inspecteurs d'académie ont d'ores et déjà reçu la consigne de préparer la fermeture de 3000 postes E et G entraînant la suppression d'un tiers des RASED dès cette année.
Les inspecteurs d'académie sont chargés de repérer dans des écoles des postes d'enseignants partant en retraite ; certains de ces postes seraient fléchés et les maîtres E ou G seront nommés sur ces postes classe dès la rentrée 2009.
Il ne s'agit absolument pas d'une « sédentarisation » des Réseaux d'Aides Spécialisées pour les Elèves en Difficulté comme l'a prétendu le ministre mais bien d'une suppression d'un dispositif d'aides aux élèves en difficulté et d'une affectation des maîtres spécialisés sur un poste classe existant.
Il est stupéfiant que des mesures soient préparées dans les départements alors que le budget n'est pas encore voté, qu'aucune instance consultative au plan national comme départemental n'a été saisie et qu'aucune consultation des personnels n'a été effectuée.
Ces mesures se prennent au mépris de la qualification des enseignants spécialisés, des projets des écoles et du travail effectué depuis de nombreuses années. Chacun sait pourtant combien le travail des élèves en petit groupe avec des enseignants spécialisés, le travail en équipe, le dialogue avec les familles sont décisifs pour construire une aide efficace pour les élèves.
Pour le SNUipp cette façon de procéder provoque désorganisation et perte d'efficacité de l'école. Alors qu'il prétend faire de la difficulté scolaire sa priorité, le ministre supprime en réalité un dispositif qui concerne plusieurs centaines de milliers d'élèves. Le Snuipp demande que le ministre revienne sur les suppressions de postes dans le projet de budget et qu'une réelle concertation s'organise avec les principaux intéressés sur l'avenir des dispositifs d'aide aux élèves en difficulté.
Il se félicite du succès de la pétition « Sauvons les RASED » qui a rassemblé en quelques jours près de 30 000 signatures. Il appelle tous les enseignants et les parents à la signer massivement .
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